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Prendre jusqu’à une dizaine de décisions par jour, dans des domaines aussi différents que les RH, le Commercial, la Stratégie, le Management, tel est le quotidien du décideur qu’il soit dirigeant de sa PME ou acteur d’un grand groupe.
Cette perspective peut faire rêver certains mais ressemblent souvent à un « cauchemar » pour d’autres, tant les incidences ne sont jamais neutres. La plupart des décisions sont souvent prises en tenant compte d’un impératif temporel et d’un marché économique instable (saisir une opportunité commerciale, décider un investissement au regard de situations financières arrêtées à un instant T, ne pas laisser échapper ses ressources, etc…).

Comment alors gérer ce processus alors que chaque décision a une influence plus ou moins certaine sur des notions clefs de l’entreprise : sa stratégie, sa performance, sa rentabilité, son développement, et parfois sa survie ?

S’il existe des décisions caractérisées par un risque nul, souvent appelées décisions certaines, la plupart des décisions restent aléatoires et incertaines, et sont souvent prises dans un environnement complexe. Pourtant, il s’agit dans la plupart des cas des décisions les plus importantes.

De nombreuses « success stories » nous laissent à penser que certains décideurs ont eu une idée de génie ou une flamme soudaine (Amazon, Le Cirque du Soleil, etc…) qui leur a permis de réinventer leur modèle ; pour autant aucun de ces décideurs n’a fonctionné sans la mise en place d’un réel processus d’aide à la décision et ce dans tous les domaines (stratégie, management, finance, marketing etc…).

Cette décision aura t-elle des effets sur la situation financière de mon entreprise ? Comment la décliner au sein de mes équipes ? Comment vérifier qu’il s’agit en fait de la bonne décision, ou bien plus pratiquement comment ne pas perdre trop de temps si la décision s’avère erronée ?

Les réponses existent et sont simples, à condition de regarder toujours où on se situe avant de se lancer. Ainsi, le décideur devra :

1. Situer sa décision dans la temporalité de son entreprise (la fameuse question : d’où je viens ? où je suis ? où je veux aller ? ) et de son environnement (contexte économique) et donc clairement identifier une fois de plus sa vision, ses objectifs afin de mesurer les incidences de sa décision.

2. Prendre la hauteur nécessaire et faire appel à des experts, des collaborateurs clefs de l’entreprise ou des membres de son conseil d’administration, lui permettant de confronter sa vision et sa stratégie afin de mieux dresser les contours de sa décision.

3. Une fois cette dernière prise, le décideur devra être vigilant à la communication, la mise en oeuvre et l’alignement de sa décision sur le plan stratégique et au management de sa décision, sans quoi la décision manquera d’efficience.

Si ces éléments vous semblent évidents, il n’est pas inutile de les rappeler, mon expérience en tant que cheffe d’entreprise et aujourd’hui d’experte en stratégie opérationnelle auprès de mes clients entrepreneurs démontrent que nombre de décisions sont encore prises avec un taux de cortisol (hormone du stress) trop important.

Le décideur peut ne pas être seul et bâtir les fondations d’une décision parfois imparfaite, mais a minima construite sur de bonnes fondations. Les tableaux de bord, les indicateurs, les outils d’alignement et de mise en oeuvre de la stratégie, le management, la communication sont autant d’outils qu’il doit savoir manier tels des leviers d’actions.

Autant d’atouts pour un processus de décision plus serein, lui promettant peut être pas de transformer ces cauchemars en rêves mais à tout le moins lui assurant un sommeil plus serein…

Article publié dans l’édition papier du Monde Economique, Mai 2017.